Construire et réhabiliter durable, économe et confortable, ensemble

Fiches techniquesEtanchéité à l'air
Vous êtes ici :

Etanchéite à l'air

Par le passé, les bâtiments étaient généralement peu étanches à l’air. Mais à une époque où les bâtiments étaient de toutes façons mal isolés, le principal inconvénient d’une mauvaise étanchéité était surtout l’inconfort apporté par les courants d’air notamment en hiver, et c’est essentiellement sur cet aspect qu’on recherchait à étancher les entrées d’air. Dans des bâtiments dont les parois sont très bien isolées, les défauts d’étanchéité à l’air sont aussi une des sources principales de déperditions thermiques.

Mais, mieux qu'un long discours, voici une excellente série de vidéos réalisée par l'ADEME, à voir et à revoir !
Partie 1 : introduction et généralités
Partie 2 :  de la commande à la préparation du chantier
Partie 3 : les étapes de la mise en œuvre
Partie 4 : le test d’infiltrométrie
Partie 5 : résumé et conclusion
Une bonne étanchéité à l’air requiert un travail extrêmement soigné et ne s’improvise pas. Olivier Sidler gérant du bureau d’étude Enertech témoigne par rapport au chantier de l’INEED : « la seule non-étanchéité de la jonction toiture/murs a conduit à une surconsommation de 25% malgré les efforts déjà réalisés par ailleurs ». 

La prise en compte de l’impératif d’étanchéité à l’air nécessite un effort important des différents acteurs du bâtiment : architecte, bureaux d’étude, entreprises. Des formations ont récemment été proposées aux différents intervenants par l’entreprise ProClima et par l’architecte Franco-canadienne Marika Frenette. L’étanchéité à l’air est une problématique transversale qui pour les entreprises, nécessite l’implication et la coopération des différents corps de métier (maçon, couvreur, électricien, plombier, plaquiste) et une coordination importante entre eux. Ce changement d’état d’esprit n’est pas encouragé par la logique de l’allotissement en vigueur dans la loi MOP. Il nécessite donc à la fois la sensibilisation des différents acteurs et un accompagnement de la part de la maitrise d’œuvre. 
 
Impact sur la ventilation 
Dans un bâtiment traditionnellement peu étanche, l’air intérieur du bâtiment se renouvelle par le système de ventilation, mais aussi par les infiltrations à partir de l’air extérieur. Les infiltrations obéissent aux aléas des conditions climatiques. Elles sont notamment renforcées en présence de vent, ainsi que par tirage thermique (par effet « cheminée », ou par différence de température entre une façade ensoleillée et une façade ombragée). La réduction des infiltrations par l’amélioration de l’étanchéité à l’air des bâtiments permet au concepteur de reprendre la main sur le fonctionnement de la ventilation du bâtiment. En effet, il est essentiel de pouvoir assurer la fonctionnalité du système de ventilation pour assurer le confort sanitaire pour les occupants. Les infiltrations sont également source d’inconfort acoustique. Des questions de sécurité des personnes se posent également à proximité de sites industriels. 
 
Vers le bâtiment passif 
Les directives européennes prévoient que les bâtiments soient obligatoirement « à énergie positive » à l’horizon 2020. Certains maîtres d’ouvrage font dès aujourd’hui le choix de construire aux normes passives.  
Les pertes thermiques hivernales par rejet de l’air extrait tempéré par un système simple flux génère un besoin en chauffage de l’ordre de 20 à 30 kWh/(m².an) . Un tel niveau de pertes peut rester « acceptable » dans un bâtiment BBC, mais est impossible dans un bâtiment passif pour lequel le besoin en chauffage est plafonné à 15Kwh/m².an. Une solution incluant une récupération de chaleur par exemple sur l’air extrait (ventilation à double flux) s’impose pour cette raison pour les bâtiments passifs notamment à l’est et au nord de la France. Les échangeurs de chaleurs à double flux à haute efficacité (échangeurs à contre-courant par exemple) sont recommandés.